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Routine des fêtes sans crise : sommeil, sieste et surcharge sensorielle — le guide concret pour des vacances plus douces

  • Photo du rédacteur: Samuel Provost
    Samuel Provost
  • 23 déc. 2025
  • 5 min de lecture

Les vacances des fêtes ont quelque chose de magique… et d’épuisant. Pour les enfants, c’est une période intense : les horaires changent, les adultes sont plus disponibles (ou plus stressés), les maisons se remplissent, le bruit monte, les lumières clignotent, les odeurs se multiplient, et les “petites règles” du quotidien deviennent floues.


Résultat? Même les enfants habituellement calmes peuvent devenir plus irritables, plus collants, ou au contraire plus agités. Et du côté des parents comme des éducatrices/éducateurs, on entend souvent la même phrase : « On dirait qu’il/elle ne se reconnaît plus. » En réalité, l’enfant se reconnaît très bien… il est juste en surcharge.

La bonne nouvelle : on n’a pas besoin d’un horaire militaire pour traverser les fêtes avec douceur.


On a besoin d’une routine minimale, d’un plan sommeil réaliste, et d’un filet de sécurité sensoriel. Pas pour “contrôler” l’enfant, mais pour lui offrir des repères quand tout bouge autour.


1) Comprendre le vrai déclencheur : pas “le comportement”, mais la surcharge

Pendant les fêtes, on attribue facilement les crises à :

  • trop de sucre,

  • trop de cadeaux,

  • trop d’excitation.


Parfois oui. Mais très souvent, la racine est plus simple : le système nerveux est saturé.

Un enfant en surcharge sensorielle peut :

  • se fâcher pour des détails (“la mauvaise cuillère”, “les bas grattent”),

  • refuser de s’habiller,

  • pleurer dès qu’on le met dans l’auto,

  • devenir “hyper” (courir, sauter, rire trop fort),

  • s’opposer à tout… puis s’effondrer.

Pour les pros de la petite enfance : c’est le même principe qu’en groupe quand l’environnement est bruyant et imprévisible. Le comportement est souvent une communication : “J’en ai trop, trop vite, trop longtemps.”


2) La stratégie la plus efficace : la “routine minimale” (pas parfaite)

Oublions l’objectif “on garde la routine comme d’habitude”. Aux fêtes, c’est rarement réaliste. L’objectif qui fonctionne : une routine minimale — 3 repères stables, même si tout le reste change.

Voici les 3 repères les plus puissants :


Repère #1 — Une heure de lever “fenêtre”

Choisissez une plage réaliste (ex. entre 6h30 et 7h30). Si l’enfant se lève beaucoup plus tard, la journée devient “décalée”, la sieste bouge, le coucher devient difficile… et le cycle s’installe.

👉 Astuce parents : même si la nuit a été courte, mieux vaut revenir doucement à la fenêtre sur 2-3 jours plutôt que de “rattraper” en dormant jusqu’à 10h.


Repère #2 — Une sieste ou un temps calme, coûte que coûte

Même si l’enfant “ne dort plus”, un temps calme protégé est un cadeau pour son cerveau. Pendant les fêtes, c’est souvent le moment qui évite le chaos de fin d’après-midi.

  • Pour les 0-4 ans : on protège la sieste autant que possible.

  • Pour les 4-6 ans : un temps calme (livres, musique douce, jeu tranquille) peut suffire.

👉 Astuce pro : “temps calme” ne veut pas dire silence parfait. Ça veut dire baisse de stimulation.


Repère #3 — Un mini-rituel de coucher identique

Le coucher, c’est là que les fêtes frappent le plus fort : trop de stimulation + fatigue = réveils nocturnes, difficultés d’endormissement, cauchemars.

Choisissez un rituel court (10-20 min) et répétez-le dans le même ordre :

  1. toilette / pyjama

  2. lumière tamisée

  3. histoire (toujours le même format)

  4. phrase de sécurité (“Je suis là, tu es en sécurité, à demain”)

Quand l’enfant est surexcité, ce n’est pas le moment d’ajouter 4 histoires et 12 négociations. C’est le moment de simplifier.


3) Le trio gagnant : “Prévenir — Réduire — Réparer”

Pour éviter les crises (et pas juste les gérer), pensez en trois temps.


A) Prévenir : préparer le corps AVANT l’événement

Avant un souper de famille, une sortie, ou une visite :

  • bouger 15-30 minutes (parc, course, danse, escalier),

  • manger une collation stable (protéines + glucides),

  • passer aux toilettes,

  • annoncer le plan avec des mots simples :“On va chez mamie. Il y aura du bruit. Après, on fait un temps calme.”

Pour les pros : c’est exactement le même principe que la préparation aux transitions en milieu éducatif. Un enfant préparé, c’est un enfant moins en alerte.


B) Réduire : créer un “coin pause” sensoriel

Pendant les fêtes, le meilleur outil, c’est un espace de décompression.

Idées simples :

  • une chambre avec lumière douce,

  • un petit coin avec coussin + couverture,

  • casque anti-bruit (s’il y a beaucoup de monde),

  • objets rassurants (toutou, livre, petite bouteille d’eau),

  • option “je reviens” sans jugement.

Phrase clé (parents et pros) :“Tu as le droit de prendre une pause.”Ça change tout : on ne punit pas la régulation, on l’encourage.


C) Réparer : après la tempête, on reconnecte

Quand la crise est passée, évitez le long sermon. Le cerveau est fatigué. L’objectif : sécurité + apprentissage simple.

Exemple :

  • “C’était beaucoup aujourd’hui.”

  • “Ton corps était trop plein.”

  • “La prochaine fois, on prendra une pause plus tôt.”

Et on tourne la page.


4) Sommeil des fêtes : pourquoi ça dérape… et comment éviter le piège

Trois pièges classiques :


Piège #1 — Le coucher devient “élastique”

On repousse, on repousse… puis l’enfant est en sur-fatigue. Et un enfant sur-fatigué ne dort pas mieux : il dort souvent pire.

✅ Solution : si la journée est intense, visez un coucher un peu plus tôt, pas plus tard.


Piège #2 — La sieste saute “pour qu’il dorme le soir”

Ça peut fonctionner parfois… mais souvent ça crée l’inverse : l’enfant devient irritable, hyper, et le coucher explose.

✅ Solution : gardez une sieste plus courte si nécessaire, ou un temps calme solide.


Piège #3 — Les réveils nocturnes augmentent

Les fêtes amènent souvent :

  • plus de cauchemars,

  • plus de réveils,

  • plus de besoin de réassurance.

✅ Solution : on revient au rituel simple + présence rassurante, sans créer 12 nouvelles habitudes. Par exemple : une courte réassurance, puis retour au lit.


5) Une feuille de route très simple (parents + pros)

Si tu veux une version ultra concrète, voici un plan “facile à suivre” :

Chaque jour des fêtes :

  • 1 moment de mouvement (15-30 min)

  • 1 moment de calme (sieste ou temps calme)

  • 1 rituel stable (coucher)

  • 1 pause sensorielle possible (coin calme)

Avant une activité stimulante :

  • collation + toilettes + plan verbal simple

Pendant :

  • pauses régulières, pas seulement “quand ça explose”

Après :

  • retour à la maison = baisse de stimulation (lumière douce, voix basse, routine)


Conclusion : des fêtes plus douces, ce n’est pas moins de plaisir… c’est plus de sécurité

L’idée n’est pas de retirer la magie. L’idée, c’est d’éviter que la magie devienne une tempête.

Quand on protège un minimum de routine, qu’on respecte le besoin de repos (sieste/sommeil) et qu’on prévoit des pauses sensorielles, l’enfant se sent compétent. Il participe mieux, il récupère mieux, et tout le monde respire.

Et surtout : si ça dérape malgré tout, ce n’est pas un échec. C’est une information. Les fêtes sont une grande école… même pour les adultes.



 
 
 

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