Favoriser l’autonomie chez l’enfant : comment, pourquoi et avec quels gestes concrets au quotidien?
- Samuel Provost

- 4 nov. 2025
- 3 min de lecture
Dans notre service de garde éducatif, nous avons la conviction profonde que l’autonomie est un pilier essentiel du développement global. L’autonomie, ce n’est pas seulement “être capable d’attacher son manteau”. C’est apprendre à se faire confiance, à décider, à persévérer, à essayer, à se tromper puis recommencer… et à ressentir intérieurement : “je suis capable”. Selon les orientations du Ministère de la Famille, de Casiope et les recommandations de Naître et grandir, la qualité éducative passe aussi par cette possibilité offerte aux enfants de devenir acteurs de leurs actions quotidiennes.
Au quotidien, chaque geste de routine est une occasion d’apprentissage réel. Par exemple, lorsque l’enfant range un jouet, il apprend à organiser l’espace, à catégoriser, à assumer la responsabilité d’un objet. Lorsqu’il verse son verre d’eau, il apprend la motricité fine, la précision d’intention, le contrôle du geste. Lorsqu’il choisit son matériel, il apprend à exercer son jugement et sa préférence personnelle. Toutes ces micro actions, mises bout à bout sur des centaines de jours, forgent un adulte futur confiant, autonome et curieux d’apprendre.
Dans notre milieu, nous favorisons l’autonomie en aménageant l’environnement à la hauteur de l’enfant. Les crochets sont accessibles, la vaisselle est adaptée aux petites mains, le matériel est présenté de manière visuelle et simple. Plus l’environnement est pensé pour l’enfant, plus celui-ci peut évoluer dans un cadre où il n’a pas besoin d’un adulte pour accomplir une action. Et c’est là que la magie opère : non pas parce qu’on exige l’autonomie, mais parce qu’on la rend possible.
Nous utilisons aussi le pouvoir du choix. Offrir des choix simples permet à l’enfant de développer graduellement sa capacité de prise de décision. Par exemple : “Tu veux mettre ton manteau assis sur le banc ou debout près du crochet?” ou encore “Tu veux d’abord mettre tes bottes ou ton cache-cou?” C’est une nuance importante. L’enfant ne choisit pas si la tâche se fait, mais comment il la réalise. Cette nuance évite les batailles inutiles, supporte l’autonomie et encourage la collaboration. Comme le souligne l’Observatoire des tout-petits, les enfants développent une meilleure estime personnelle lorsque l’adulte croit réellement en leur capacité d’agir.
Nous observons également que plus nous prenons le temps de laisser l’enfant faire seul, plus les comportements d’opposition diminuent. Ce n’est pas un hasard. Quand l’enfant peut agir par lui-même, sa frustration baisse, ses besoins d’opposition diminuent et sa confiance augmente. Il n’a plus besoin de “brasser” l’environnement pour se sentir existant.
À la maison aussi, les parents peuvent encourager cette autonomie. Les mêmes principes s’appliquent : prendre le temps, offrir des occasions de faire, laisser l’enfant participer aux tâches quotidiennes même si c’est imparfait, même si c’est plus long, même si c’est moins “efficace”. Un enfant qui se sent compétent en bas âge n’a pas besoin de prouver constamment sa valeur plus tard. Et c’est l’un des plus beaux cadeaux éducatifs que nous pouvons lui offrir.
Alors oui, il y aura parfois des dégâts, des erreurs, des manches mal sorties, des manteaux mal zippés, et des verres renversés. Mais ce sont ces milliers de petits essais qui créent un futur adulte solide émotionnellement, confiant, capable de prendre sa place dans le monde. L’autonomie ne naît pas d’une performance parfaite. Elle se construit dans la répétition, dans la bienveillance, dans l’espace laissé à l’erreur, et surtout… dans notre confiance en l’enfant.












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